Périgueux antique
Vésone (Vesunna), capitale du territoire appelée Cité des Pétrucores, fut fondée vers l'an 16 avant notre
ère. Elle connut trois siècles de prospérité, comme le prouvent les nombreux vestiges apparents ou enfouis recensés par les archéologues. Elle est la ville gallo-romaine la mieux connue en Aquitaine.
Le symbole de cette ville antique est sans conteste la Tour de Vésone, imposant vestige d'un temple dont elle était le coeur. Dans un terrain la jouxtant furent découverts en 1959 les murs d'une grande maison dite "domus
des Bouquets" : domus
signifie en latin "demeure urbaine" ; "des Bouquets" car on lui a donné le nom de la rue qui la bordait lors de la découverte.
L’amphithéâtre de Périgueux
La mise en place de la maquette de l’amphithéâtre de Vésone dans sa vitrine marque l’achèvement du programme muséographique. La création d’un tel outil a deux objectifs : exploiter les données archéologiques dont disposent les scientifiques pour aboutir à une restitution architecturale du monument ; permettre au public de visualiser l’imposant monument antique, mieux connu aujourd’hui sous l’aspect d’un jardin public orné de ruines romantiques.
Petite histoire de l’amphithéâtre de Périgueux
La construction de l’amphithéâtre de Périgueux, due à la famille Pompeia, commença vraisemblablement sous le règne de Tibère (14-37 après Jésus-Christ). Financée par Aulus Pompeius (ect...), tribun militaire, préfet des ouvriers, elle fut achevée par un membre de sa famille, peut-être son petit fils, dans la deuxième moitié du 1er siècle.
A la fin du 3ème siècle, le rempart du Bas-Empire l’a englobé, tout en le laissant en saillie. Un château sur motte est venu le combler au cours du Moyen Age. Il ne sera, ensuite, jamais complètement dégagé.
Le grand vomitoire abritait, au début du 19ème siècle, le musée archéologique de Wlgrin de Taillefer. En 1875, le Conseil municipal a confié le site à la Société d’Horticulture pour y établir un jardin-école. Les vestiges ont alors été recouverts d’environ 3,50 mètres de remblais.
Les données archéologiques
L’amphithéâtre de Périgueux appartient à la famille des édifices de spectacle à structure creuse. Il fut entièrement bâti sur trois niveaux et 80 travées voûtées sans être adossé au terrain. Situé sur un méplat calcaire, en périphérie nord ouest de la ville antique, l’édifice pouvait accueillir environ 18.000 spectateurs - ce qui en faisait l’un des plus grands édifices de spectacle de l’Aquitaine au deuxième siècle après Jésus-Christ.
Les premières fouilles y ont été réalisées en 1821 par Wlgrin de Taillefer et se sont poursuivies par une série d’observations ponctuelles en 1877 (Société Historique et Archéologique du Périgord), puis en 1963 et 1982 [CNRS (Centre National de la recherche Scientifique) - Bureau d’Architecture Antique du Sud-Ouest].
Le projet de restitution en trois dimensions a imposé un nouvel examen des vestiges. Malgré leur faible lisibilité, ils sont suffisamment importants pour permettre aux archéologues et aux architectes de restituer le volume original. Des structures rayonnantes émergent autour de l’axe nord-sud. On y reconnaît les deux grands couloirs d’entrée (les vomitoires) qui ouvraient l’accès vers l’arène par l’intermédiaire d’un vestibule. Deux escaliers, visibles au nord, permettaient l’accès aux gradins. Le parement des murs est constitué de moellons réguliers en calcaire. Le sol de l’arène est enfoui sous quelques mètres de remblais. Dimensions de l’amphithéâtre : longueur, 141 mètres ; largeur, 118 mètres ; hauteur environ 25 mètres.
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